Mon allaitement, mon expérience, ce que j’aurais aimé savoir.

Avant de tomber enceinte et même au début de ma grossesse, je ne souhaitais pas allaiter (bouuuuh la mauvaise mère) car je n’en ressentais pas le besoin. Ça a évolué au cours de ma grossesse, par curiosité, puis pas envie d’essayer (au moins).

Quand les femmes me donnaient leur avis sur l’allaitement, c’était flou.

« C’est super ! »

« C’est horrible ! »

Je me mets à la place des futures mamans qui se posent des questions sur le sujet, et je vais raconter un peu mon ressenti (c’est donc personnel et pas général).


L’allaitement, un sport quotidien

J’ai allaité Gabriel exclusivement au sein pendant un mois tout pile. Il y a eu des hauts et des bas, des moments de bonheur et des moments de déprime. C’est quand les moments de déprime étaient plus nombreux que ceux de bonheur que j’ai pris la dure décision de passer à un allaitement mixte.

Quand j’ai accouché, on m’a proposé l’allaitement, et Gabriel a tété à 10 minutes de vie, pendant 2 heures. Malheureusement, lui comme moi étions débutants et j’ai eu rapidement les tétons abîmés. À J1, Gabriel me faisait tellement mal que j’en pleurais, et que j’ai voulu stopper l’allaitement. La sage-femme est donc venue me consoler un peu et m’a dit qu’on pouvait très bien lui donner un biberon et allaiter au prochain repas (pour que je puisse ne pas avoir mal pendant quelques heures). Gabriel n’a jamais voulu du biberon, même pas une demie seconde. J’ai demandé si c’était la température ambiante du lait qui le gênait, mais elle me disait que non (et en fait, il s’est avéré par la suite que j’avais raison, instinct maternel tu vois). En voyant mon fils refuser le biberon et culpabilisant de le laisser mourir de faim (je sais, j’abuse), j’ai serré les dents et je me suis accrochée à l’allaitement maternel. J’ai eu des crevasses pendant une bonne semaine, soignées grâce à la crème CICALFATE de chez Avène, qui a fait des miracles.

allaitement-maman

Puis entre 2 et 3 semaines de vie, Gabriel nous a fait un pic de croissance.

Le pic de croissance, ça a l’air mignon, c’est quoi ?

En soit c’est une bonne nouvelle, mais je l’ai très mal vécu. Je n’ai jamais aussi peu dormi de ma vie (et pourtant j’ai des soucis de sommeil).

J’aurais aimé qu’on me parle des pics de croissance lors de mon cours sur l’allaitement car j’étais vraiment épuisée, déprimée et totalement paniquée de voir mon fils hurler de faim toutes les 1h30 (maximum) sans comprendre ce qui lui arrivait. J’ai même été l’emmener chez le pédiatre alors qu’il était en parfaite santé. Il faut savoir que lorsqu’on allaite, le pic de croissance de bébé peut devenir très épuisant (oui, plus que d’habitude). Un pic de croissance peut durer de 24/48h jusqu’à une semaine (et devinez qui a tenu une semaine?). Gabriel a téter jusqu’à 16 fois en 24 heures, était tellement affamé qu’il m’a abîmé de nouveau les tétons (sans oublier que j’avais la sensation d’être un distributeur automatique de lait). Je n’avais pas le temps de manger parfois tellement il me prenait tout mon temps. C’est simple, cette semaine là, je ne suis pas sortie de l’appartement, j’ai pleuré 80% de mes journées et je me sentais comme une merde, totalement incapable de rien, mauvaise mère et j’en passe. En revanche, Gabriel en a profité et sa courbe de poids a grimpé en flèche (ce qui m’a conforté sur la qualité des tétées et de mon lait). Le pic de croissance amplifie la production de lait, donc j’étais pleine comme une vache laitière toutes les heures (charmant n’est-ce pas?). Clairement, ça a été le pire moment de mon allaitement. Je me suis sentie dépassée, totalement seule (car le papa était impuissant) et je ne sais même pas comment j’ai tenu le coup. Il faut vraiment se rendre compte que c’est un moment très difficile à passer et qu’il n’y a pas qu’un seul pic de croissance durant la vie de bébé.

Je n’étais pas préparée, pas informée.

C’est à bout de force, au summum de la fatigue et avec une sensation de honte intergalactique que j’ai appelé la sage-femme pour passer à un allaitement mixte.

De l’allaitement exclusif à l’allaitement mixte

Alors que ne voulais pas allaiter au départ, voilà que je culpabilisais de passer à l’allaitement mixte!

Je suis admirative des mamans qui allaitent longtemps, et je me sentais mauvaise mère lorsque j’ai craqué et que je suis passée à l’allaitement mixte, mais il le fallait, même si au fond de moi, j’avais honte de « rater » mon allaitement, avant que je comprenne que ce n’était pas le cas. Gabriel est un bébé qui mange souvent. Il tétait toutes les 2 heures jour et nuit pendant une bonne demie heure, donc je n’étais jamais reposée. Je pleurais trop souvent et l’allaitement devenait une corvée pour moi comme pour lui. C’est lorsque j’ai du laisser bébé pleurer et sortir de la chambre pour craquer loin de lui que je me suis décidée à appeler la sage-femme pour entamer un allaitement mixte. Elle m’a féliciter de prendre conscience de mon craquage et de savoir dire stop quand ça n’est plus possible. De plus Gabriel avait choppé un muguet (champignon dans la bouche) qu’il m’avait refilé sur les tétons (ça gratte et ça brûle) donc on a été sous traitement tous les deux au début de l’allaitement mixte !

Alors qu’il refusait catégoriquement le biberon à la maternité, voilà que le biberon chaud lui convenait. Il n’aimait juste pas le lait à température ambiante. J’avais raison, je savais ce que mon fils voulait et ma culpabilité disparaissait quand je voyais mon chéri fier de donner son premier biberon à son fils. Quand à moi, j’étais sereine et reposée. Je profitais de chaque moment d’allaitement au sein avec Gabriel, c’était devenu un moment de plaisir rien qu’à nous. De plus, il faisait de meilleures nuits et moi aussi.

biberon-papa
Le tout premier biberon avec papa.

Puis un matin, il n’a plus voulu téter et j’ai eu le cœur brisé. Qu’est ce que j’ai pu pleurer ! Mon petit bébé de 3 mois ne voulait plus de mon lait. Bon en même temps, le biberon va plus vite et c’est plus épais. Avec du recul, il valait mieux qu’il décide de ce moment seul plutôt que je lui impose par la force des choses.

Malgré tout, ce fut une expérience magique et j’ai aimé allaiter sereinement mon enfant.

Ce que j’aurais voulu savoir :

  • Les crevasses, ça fait mal. Quand bébé tète, quand le t-shirt frotte sur les tétons, quand l’eau chaude coule dessus, et aussi quand … bon en fait, ça fait mal tout le temps.
  • L’allaitement libère de l’ocytocine dans notre corps, ce qui provoque des genre de contractions utérines (post accouchement), et c’est très douloureux. En gros, quand on allaite, on a mal aux crevasses et à l’utérus à la fois. Mais l’avantage, c’est que c’est bon pour la récupération. Ça aide à tout remettre en ordre la dedans (et vu le bordel là dedans, c’est pas de refus).
  • La montée de lait m’a empêché de dormir sur le ventre (alors que j’en ai rêvé pendant 9 mois).
  • L’allaitement, c’est à la demande (pas comme le biberon toutes les 4 heures).
  • On se pose sans arrêt des questions sur la qualité de notre lait et sur la quantité qu’on donne à bébé.
  • Allaiter, calme bébé car la succion libère des endorphines.Et quoi de plus merveilleux que la fierté de calmer son enfant ?
  • Le passage de l’allaitement maternel exclusif à l’allaitement mixte a provoqué des coliques horribles (Gabriel avait la respiration qui se coupait parfois à force de pleurer).
  • L’allaitement est une contrainte si vous voulez vous absenter, surtout le premier mois où l’utilisation du tire-lait est déconseillée (pour ne pas habituer bébé à boire au biberon, ce qui pourrait déformer sa succion au sein).
  • Dès que j’entendais Gabriel pleurer, HOP, j’avais une montée de lait. Parfois, elle est minime, mais parfois, on dirait un robinet qui fuit (merci les coussinets d’allaitement).
  • L’allaitement c’est économique et pratique ! Pas besoin de dépenser des fortunes en lait, et c’est toujours à la bonne température n’importe où. Pas besoin de courir après un micro-onde pour faire chauffer le biberon !
  • Et surtout, l’allaitement est une expérience unique, mais pas innée, il ne faut pas vous forcer. Il vaut mieux un bon biberon qu’un mauvais allaitement.

Laetitia

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2 commentaires sur “Mon allaitement, mon expérience, ce que j’aurais aimé savoir.

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  1. Je crois en réalité qu il y a peu de gens pour l’allaitement dont les professionnels ils aiguillent très mal et des Le moindre obstacle propose l allaitement arti… pour une maman novice c’est pas évident d’être bien accompagné surtout lorsque celle ci veut allaiter… je me souviens (et je me souviendrais toujours) du début de mon allaitement (la aussi j’en ai fait un très long article d’ailleurs). J’ai galère et souffert.. mais c’est après que le plaisir d’allaiter vient… au début c’est pas marrant surtout si on a des petits ❝bobo❞ (mouais des gros même 😂) chaque ressenti est différente et chaque expérience aussi :/ évidemment … mais je suis certaine qu un bon accompagnement changerait la vie de nombreuses femmes… finement j’ai allaité 1 an! Et je suis si nostalgique … bébé 2 est en cours.. et cnzst certain l’allaitement sera à l’honneur 🙂 des bisous

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    1. C’est exactement ça. On est mal informée et c’est pas simple de surmonter un allaitement quand tu as l’impression de ne rien faire bien, avec la fatigue accumulée. Au final j’ai apprécié l’allaitement mixte car je pouvais me reposer malgré mon glouton. J’ai pleuré le jour où il n’a plus voulu de mon sein.
      Il faut que j’aille lire tout ça de ton côté (une fois le petit au dodo par exemple). 😉 Bisous.

      Aimé par 1 personne

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